Traversées symboliques et mythologies intérieures

Après la fête

Après la fête — Technique mixte sur papier — 42×29 cm — 2026

Mon travail pictural naît d’un espace intérieur où l’image précède souvent l’idée. Les formes surgissent comme issues d’une mémoire plus ancienne que la mémoire individuelle, un territoire où se mêlent rêves, perceptions et intuitions profondes.

Peindre devient moins un acte de représentation qu’un acte de passage. Un passage entre ce que l’on voit et ce que l’on pressent.

Cette phrase semble parfois résumer l’expérience même de la peinture : l’image apparaît avant que le sens ne se formule.

Figures en mutation

Homme Qui Marche

Homme Qui Marche — Technique mixte sur papier — 65×50 cm — 2026

Dans mes œuvres émergent parfois des figures incertaines, des silhouettes en transformation, comme si chaque être portait plusieurs états possibles.

Ces formes ne cherchent pas à raconter une histoire précise ; elles ouvrent plutôt un espace intérieur dans lequel chacun peut reconnaître ses propres mythologies personnelles.

« Seul, j’écoute le chant des oiseaux dans la vallée profonde, tandis que l’ombre des fleurs recouvre la mousse ancienne. »

— Wang Wei

Ainsi, la peinture ne décrit pas un monde ; elle révèle ce qui, en nous, restait invisible.

Une mémoire visuelle ancienne

Voilier

Voilier — Technique mixte sur papier — 65×50 cm — 2015

Depuis toujours, l’être humain crée des images pour dialoguer avec l’invisible, pour donner forme aux forces qu’il ressent sans pouvoir les nommer.

Sans volonté consciente de citer une tradition précise, certaines images semblent rejoindre spontanément des symboles anciens. Comme si une mémoire collective continuait de circuler à travers les formes et les couleurs.

« La mémoire collective n’est pas faite de souvenirs conscients, mais de structures héritées, les archétypes, qui sont comme des empreintes gravées dans la psyché. »

— Carl Gustav Jung

La peinture devient alors un langage silencieux, capable de toucher des zones profondes sans passer par les mots.

La peinture comme espace de passage

Danse Rouge

Danse — Acrylique sur toile — 65×92 cm — 2022

La peinture devient un lieu de transition :

  • passage entre l’intime et l’universel,
  • passage entre la matière et le rêve,
  • passage entre présence et disparition.

Certaines figures semblent naître, d’autres se dissoudre, d’autres encore attendre une transformation future.

« La montagne reste immobile, mais le cœur voyage à travers les brumes du temps. »

— Wang Wei

L’image reste ouverte ; elle continue de vivre dans le regard de celui qui la contemple.

Peindre pour retrouver l’invisible

Filiation

Filiation — Acrylique sur toile — 89×116 cm — 2025

Peindre revient peut-être à renouer avec cette part archaïque de l’être humain qui cherche depuis toujours à donner forme à l’invisible.

Chaque œuvre tente de capter cet instant fragile où quelque chose apparaît sans être encore nommé :

  • une présence,
  • un passage,
  • une métamorphose.

Et dans cet espace, chacun peut reconnaître une part de ses propres mythologies intérieures.


“Une part de vous ne repartira pas d’ici”  —  JLF