LE CHAT ÉCARLATE, 2026
– Technique mixte sur papier
– 65 x 50 cm, Paris
Des jus aqueux de bleu cyan et d’outremer fusionnent avec des auréoles de vert acide et de jaune citron pour faire jaillir l’empreinte d’un guetteur félin et hyalin. Le contour n’est pas une simple limite : une ligne noire d’encre, parfois dense et veloutée, parfois fine et nerveuse, serpente à la manière d’une liane ou d’un nerf à vif pour ligaturer les masses de couleur. Au centre de cette architecture fluide, l’œil gauche s’épanouit en une orbite spectrale cerclée de noir contenant un éclat solaire, tandis que la droite s’effile vers une oreille rejetée dans l’angle supérieur, instaurant une dynamique asymétrique d’une grande vivacité.
À la base de la composition, les traces de pinceau s’évaporent en embruns et en réseaux de filaments qui rattachent cette présence animale à un monde sous-marin ou végétal. Entre l’apparition d’un chat-totem aux aguets et l’émanation d’un fluide psychique sous tension, l’œuvre saisit la pulsation d’un être prismatique capté au moment même de sa condensation sur la feuille.
