LE CRIS, 2025

– Acrylique sur toile
– 46 x 38 cm I Peint sur les bords I signature au dos
Paris

– Le Cri ne représente pas un cri : il en retient la vibration. La figure, à peine définie, semble se dissoudre dans la matière picturale, comme si la voix se propageait dans le corps avant même de pouvoir s’exprimer. Le visage n’est plus un centre stable, mais une zone de fracture, traversée par des lignes de tension et de fissure.

La palette claire, traversée de rouges et de gris sourds, installe une atmosphère paradoxale : le cri n’est pas explosif, il est intérieur, étouffé, presque absorbé par la surface. La matière épaisse, stratifiée, agit comme une peau sensible où s’inscrivent les traces d’un conflit intime.

Le geste pictural privilégie l’effacement autant que l’apparition. La figure se construit dans la disparition, comme si l’identité elle-même vacillait sous la pression de ce qui cherche à être dit. Le cri devient alors un seuil : non pas une libération, mais un point de bascule entre présence et dissolution.

L’œuvre engage le regardeur dans une expérience silencieuse, où la peinture fait entendre ce que la voix ne peut formuler. Le Cri donne forme à une tension fondamentale : celle d’exister à la limite de soi.